16 janv. 2012

Broute mon Inca, il te le rendra comme il se doit


Pérou et perfusion commencent de la même manière. Les perfusions ont pour moi commencé au Pérou.  (Toutes mes excuses, vous savez, on nous inculque beaucoup trop jeunes la culture de l’accroche). 

La zone de transit d’un aéroport est un excellent hotel. Le Best western Panama international Airport Inn par exemple offre une zone déserte sous 35° la nuit, une sécurité impeccable et des banquette coussinées, vous garantissant en cadeau un réveil avec une mer d’Aral dans la gorge. Hélas les aéroports restent les lieux touristiques les moins intéressants d’un pays, et je ne crois pas qu’en 17h passées à celui de Panama j’ai intégralement saisi la complexité culturelle du pays ni les enjeux économiques du développement de ses aires urbaines. 
A l’infame question “Alors les péruviens ?”, je ne devrais répondre que par l’évidence. Un peuple de sauvage basanés tout juste bon à étriper des agneaux dans leurs temples en décomposition, et incapables de gagner un sous autrement qu’en s’asseyant fainéantement sur un trottoir en tendant la main. A l’autre infâme question “Alors le Pérou ?”, il me faudrait répondre en faisant remarquer qu’étant donné la totale similitude du pays avec la France, ca ne vaut franchement pas le déplacement. Comme si nous on en avait pas des montagnes, des Canyons, des lacs, des ruines, de l’altitude, des lamas, une cuisine, et des grandes Eglises. Franchement. 

Leur capitale, Lima, ou "Lima" comme ils disent, n'a rien à envier à la bourgade de Jonzac. De majestueuses Cathédrales devant laquelle les chauffeurs de taxis lachent leurs volant pour faire un signe de croix, des palmiers, des plages où l'on oserait pas baigner une hyène sale, et, comme dans toutes les villes du Pérou, un Grand Christ Blanc Rio-like qui surveille depuis la colline d'en face. Et un palais présidentiel gardé par 8 idiots armés d'une AK-47 rouillée et 3 énergumènes immobiles qui ont voulu copier le déguisement des gardes suisses. Ils s'appellent respectivement Philipe, Marmoud Ben Al'Kedir, et Irvonich Yankassorlesavonif.


Nous allâmes ensuite manger des quarts de poulet à Cuzco, Capitale Inca en forme de Puma (Allégeance à la marque éponyme ? Pas impossible), où les églises coloniales au style baroque lourd pullulent  entre les montagnes et les montagnes. C'est très amusant, ils collent de l'or partout, et damné serait celui qui chercherait un bout de sculpture ou de mur un peu clairsemé ou épuré. C'est extrêmement chargé, et "folklorique" comme dirait un guide, puisque pour accommoder ces indigènes et mieux leur faire boire la bible on accoutre toutes les statues de jésus, Marie, et autres, de costumes Quechuas colorés et brillants. 


De Cuzco partent les Treks pour le Machu-Pichu, souvent traduit par Mache-Piche, mais auquel la traduction "Jeune-Montagne" convient mieux. Le mien durait 3 jours. Enfournant un combi ont fut emmené à un poste depuis lequel partait notre descente en VTT. Nous pouvions avant faire une pause aux toilettes : 


La descente de ces Andes en VTT au milieu de la jungle avait son charme. On m'a même obligé à déguster une soupe empoisonnée. Ensuite un taxi circulant au klaxon pour ne pas chuter dans le canyon nous amena dans une autre bourgade ou nous devions rejoindre un autre groupe de Trek. Qui ne vint jamais. Nous passames donc quelques heures d'inquiétude, sans groupe, sans contacts, et sans solution, dans ce sommaire village de taule, avant de trouver par miracle un autre groupe qui accepta généreusement de nous intégrer. 
Du stress ou de la soupe, qui était le responsable ? A vous d'en juger, mais le lendemain ce que la bienséance veut appeler "tourista" m'a balayé. Les toilettes de l'auberge étant dépourvues de cuvettes j'ai fait un esclandre, disant que si c'était comme ca tout irait dans la chambre, que ca allait les ruiner en frais de lavage, que je n'avais pas quitté le collège français pour me retrouver 6 ans plus tard a nouveau sans cuvette, etc... Non en vrai ca n'est pas le genre de contexte ou je me souciais de luxe. Cet agréable compagnon de voyage m'a tenu l'intestin pendant deux jours. Repoussée un temps par les litres de thé de feuille de Coca qu'on me fit ingérer, je pus avec presque de l'assurance dévaler les 6 tyroliennes à 400 m de dénivelé qu'on faisait ce matin là, puis remonter les 3h de rails de randonnée de l'après midi. (L'unité officielle de décompte de distance du rail vient d'être convertie à l'heure, navré). 


Le légalisme péruvien (pour les outre-rhiniste : "Danger, ne pas marcher sur la voie")


Ca rappelle les Gorges du Tarn.




Au mieux de ma forme, le système digestif intégralement vide. (Pour plus de détails, consulter la rubrique "Touriste et Tourista : les photos minutes par minutes")

Présumant de mes forces, je me sentis l'haleine de partir à 4h du matin le lendemain pour grimper les 1800 marches du Machu Pichu et y arriver à 6h. C'est à 6h que les problèmes ont commencé. Me menant à 10h à sauter dans les bras du médecin du site. Celui-ci jugea bon de m'allonger 1h et de me verser par perfusion dans la veine droite un bon litre de liquide curatif dont je n'ai pas bien compris la substance. Enfin ceci après que l'infirmière avait réussi avec l'assurance d'une carpe dépressive à trouver ma veine. Croyez ce que vous voulez sur la médecine de ces barbares, mais le soir-même j'étais guéri. J'ai même pu, comme ce tableau l'atteste, visiter les ruines. 
Vous apercevrez au fond les colones du temple de Zeus, et en premier plan les restes du Parnénon. La statue d'Athéna est cachée par l'arbre. 


Vous me sentez épanoui oui ? 


Ca ne sera pas sans évoquer aux plus cultivés d'entre vous les ruines d'Oradour sur Glane

Et même admirer ce redoutable postérieur de Lama 



Heureusement que ma "gastro" était terminée pour mon séjour au Lac Titicaca, ca vous épargnera nombre de calembours de la plus fine facture. Plus haut lac navigable au monde, il s'apparente un peu au réservoir d'eau douce de Saint-Jean de Verges, en plus grand toutefois. 

Voilà. C'est un petit lac c'est vrai, mais bon c'est en tout cas "naviguable", pour une petite barque. Une barquette comme ils disent.


Mouaha. Non en vrai c'est celui là, avec les cochons. Ils sont élevés comme des chats là bas, et font d'ailleurs dans la litière, et se frottent aux jambes de leur maitre tous les matins. 




Puis, sur le retour, dans un van fait pour 10 personnes où nous étions 15 à l'intérieur, 3 sur le toit, l'hymne familier de "L'alizé" par Alizée s'est mis à résonner. Quand les grands morceau de la chanson française vous rattrapent ainsi, je n'ai pas besoin de vous décrire comme un coeur peut s'emballer. 

On fêta l'année à Arequipa. Et là-bas, les communes n'ont pas besoin de se ruiner en feux d'artifices pour décevoir les petits enfants, puisque les gens s'en  chargent eux même. A minuit sur la grande place des centaines de personnes y vont de leurs pétards et minis feux d'artifices dans l'anarchie la plus totale pendant 30 minutes. Si blogspot me le permettait, je vous montrerait ces vidéos où l'ont croirait absolument que je suis au coeur d'une guerre civile irakienne. Comme il en arrive régulièrement. 


Voici enfin mon ami Albert devant le palais présidentiel. Teaser de ma série "Péruviens devant le palais présidentiel péruvien", véritables diamants à venir sur Picasa. 

A propos de Diamants de Picasa, davantage de photos ici : 





Je sais, cet article est beaucoup trop court, et vous auriez aimé plus de détails sur mon programme heure par heure, le prix des cacahuètes, et mon menu dans les différents restaurants où j'ai mangé, mais ce qui est rare vole un boeuf. 



18 déc. 2011

Et périr au Pérou

Attendez cinq secondes, je reviens, je vais grignoter un truc, je meurs de faim. 
Voilà, pardon. 

Cet article comprend deux sections : 
- un récit photographique 
- Mon testament (à lire impérativement)

Les examens terminés, nous nous sommes offerts 3 jours de ski. Nous "restions" comme les gens disent ici  dans un lodge qui proposait tous les luxes, à commencer par celui de louer des cassettes VHS pour les regarder sur la télé. 


Comme la photo le laisse deviner, le manager n'est autre que Jack Nicholson, dont le fils passe ses nuits dans la salle de bain à parler à son auriculaire. (J'entends déjà les commentaires des puristes s'indignant parce que ca n'est pas son auriculaire, mais je n'ai aucune envie de vérifier). 




Je trouve que trop d'entre vous tendent à oublier que ma station est olympique. Je compte donc bien vous le rappeler par cette photo de moi en quinconce. 


Cette photo entend témoigner du niveau de surpopulation sur les pistes 



La "Gondole" sans support la plus longue du monde. Reliant les deux sommets de la station, elle est caractérisée par une portion de 3,2km sans le moindre pilier de soutien. C'est à peu près la distance qui sépare Donzenac de Malemort-sur-Corrèze. En vrai. Histoire de vous donner une idée des proportions, et des questionnements sur la procédure d'évacuation d'urgence qui viennent à l'esprit quand on est dedans. 



Un point de vue du sommet, qui comme vous pouvez le voir n'a strictement rien à voir avec le genre de paysage qu'on peut observer dans les Alpes ou ailleurs. Rien que la tonalité de gris des nuages suffit à le démontrer. 


Lamartine disait à juste titre "Les amis sont comme des macaronis : Al dente, il font mal aux dents; et trop cuits, ils sont sans saveur". Tout le monde avait ca en tête hier lors de la fête d'adieux aux amis  internationaux qui se tirent définitivement. Ca a rendu ca moins difficile. La longue séance des "je viendrai te voir à..." et "vous êtes les bienvenus à..." en s'arrosant les joues qui rassure toujours les gens dans ces moments là a néanmoins été toujours aussi agaçante. Quand je serai ministre délégué aux adieux, je ferai du serrage de main silencieux l'unique possibilité légale d'adieu. Ca fera le plus grand bien à tous. 

Doté d'un tube de lotion anti-moustique, je suis prêt au départ pour le Pérou. Un périple de plus de 24h  sans ordinateur m'attend pour m'y rendre. Heureusement, j'ai acheté  "The apocryphal Jesus" pour m'occuper et mieux comprendre le nouveau testament.


Nouveau Testament :

Etant donné les probabilités de décès sur place, je vais prendre les devants et vais faire quelques rappels de base sur mes dernières volontés : 
- Ne voyant pas d'intérêt à ce que l'humanité me survive, je ne souhaite pas que mon argent soit dilapidé dans des causes humanitaires. J'aimerais plutôt qu'il soit utilisé pour louer une Eglise pour ma cérémonie d'enterrement (pour l'ambiance),  sans bien sûr que le moindre personnel clérical ne soit convié. 
- Incapable de me décider, je souhaite que mon corps soit tronçonné verticalement en deux. La partie gauche sera enterrée dans un mausolée digne de ce nom, la partie droite sera incinérée, et mes cendres seront incorporées dans une grande mousse au chocolat qui sera servie au buffet après la cérémonie. 
- La cérémonie en question ferait mieux d'être grandiloquente. Discours élogieux mais talentueux, grandes musiques classiques, photographie de moi en 125x200 au dessus de l'autel, orgue majestueuse, et autres. J'autorise éventuellement mon frère à faire la quête pour récolter des fonds pour financer mon mausolée. Son temps de parole sera en revanche limité à 1 minute. 
- Lors de la cérémonie, point de communion bien sûr, mais une dégustation où les hosties seront remplacés par des feuilletés à la saucisse cocktail, en hommage à mon gout pour ce met. 
- Mon mausolée sera surplombé par un colosse représentant sur sa face gauche Diogène de Sinope et sur sa face droite Jean-Claude Mailly. 
- Un essai biographique intitulé "Les génies meurent trop tôt" sera écrit par mes plus proches collaborateurs et reviendra sur la perte que mon décès représente pour l'avenir intellectuel, politique, économique, et scientifique du monde. . 
- L'humour et la bonne humeur devront évidemment prédominer. Plutôt que de regretter mon départ, les gens devront être encouragés à se féliciter que j'ai existé. Il sera aussi clairement rappelé au début de la cérémonie que ma mort ne m'a pas particulièrement attristé ou déplu, que je ne souffre pas particulièrement de l'état de décès, et qu'il est donc inutile de se confondre en regrets pour moi ou de dire que la vie a été injuste. 
- Ce testament sera publiquement lu lors de la cérémonie. 
- Les volontés exprimées ici sont très sérieuses et auront valeur légale auprès d'un notaire. 
- Néanmoins, le défunt souligne que la volonté étant propre aux vivants, et sa conscience ayant disparu avec lui, personne ne devrait se sentir contraint par les souhaits exprimés ci dessus. Le défunt défend même à quiconque d'employer la formule "par respect pour ses dernières volontés". 
- Le paragraphe précédent fait l'objet d'une contradiction transcendentale et ne devrait donc avoir aucune valeur. 


Bonsoir 

13 déc. 2011

Les six mains


Alerte : Cet article comprend du commentaire ennuyeux de fonctionnement local, et pourrait donc être par endroit sans intérêt pour les gens qui n’en ont rien à foutre. 
Les universités canadiennes ont un rituel étonnant qui consiste à faire passer aux étudiants des examens finaux. Ca peut être de simple radios des dents ou une prise de tensions artérielles, mais très souvent il s’agit de devoirs écrits sur table. On voudrait que je dise que de toute façon ici ils sont nuls et que leurs examens sont débiles et que en France d’abord c’est mieux parce que c’est la France et tout. Et pourtant, je vais plutôt dire 
  1. qu’ils ne sont qu’un peu nuls 
  2. que leurs examens sont débiles 
  3. Que la France c’est mieux 
  4. Mais que quand même leur système se défend. 
A l'évidence, on leur demande moins de réfléchir. Les profs donnent souvent (souvent au sens "j'ai arbitrairement universalisé à toute l'université ce qui s'est produit dans 3 de mes cours") avant l’examen une liste des concepts à connaitre et les sujet d’essai potentiels. Les essais sont souvent des définitions extensives des concepts plus que des dissertations. Et l’évocation de l’idée de rester écrire 4h sur un seul sujet leur hérisse des ailerons dans le dos à faire passer un Stégosaure pour un hamster angora
La conséquence en est qu’on peut difficilement comme en France connaitre vaguement son cours et se branlotter dans des transitions extensives pendant 12 pages pour obtenir un 14 et être content. La différenciation est pas valorisée, la réflexion novatrice pas tellement non plus. 
Mais les standards sont différents. Un élève sera désespéré si il n’obtient pas l’équivalent d’un 18. La durée des examens est restreinte de sorte que le temps de réflexion et de mobilisation des idées est nul. Les élèves doivent donc connaitre a merveille leur cours, maitriser leurs concepts, aller très vite, et être très synthétiques. 
De fait, “valider” un cours est extrêmement simple, puisque la proportionnalité garantie entre le temps de travail et le résultat à l’examen est beaucoup plus certaine. Néanmoins, faire mieux que les autres est relativement difficile, et leur système oblige ceux qui veulent réussir à une totale connaissance de fond du cours, ce qui n’est évidemment pas le cas chez nous. Ca m'arrache donc le larynx de le dire, mais leur méthode d’évaluation conduit à un format d’apprentissage intellectuellement peu satisfaisant mais sans doute pragmatiquement plus efficace pour la vie future. 
Tout ca est aussi conditionné au fait que, pour ne pas être modeste, je suis dans une bonne université. Le même système dans la Milwaukee School of Anthropology mène peut être à un niveau vraiment bas. Mais ici les standards sont assez élevés, et la scolarité est d’ailleurs bien plus effrayante qu’à Sciences Po pour les locaux, donc c’est pas complètement pas pertinent. 

http://www.stumbleupon.com/su/1QVGVx/www.dailymail.co.uk/news/article-2072488/Dont-touch-cucumber-Islamic-cleric-bans-women-touching-penis-shaped-foods-case-arouses-them.html

En parallèle, un imam interdit aux femmes de toucher des concombres.  (voir lien ci dessus) 


La vente des tickets pour la coupe davis débutait à 10h00 un jeudi sur internet. Un ami d'ici était chargé d'acheter les places, et le malheureux ne s'est connecté qu'à 10h06. Hélas dès 10h05 il n'y avait plus aucune place, à moins de débourser 160$ pour une journée. Nous arpentons donc frénétiquement internet à la recherche de plans, mais il n'est pas impossible que nous devions regarder à la télévision un match de Coupe Davis France-Canada se déroulant à 12 minutes à pied de chez nous. Nous avons participé à plusieurs leçon de digestion lente et de déglutition mais rien n'y fait, nous avons toujours 13 pilules coincées dans l'oesophage. 

Rien d'hors régulier n'est vraiment à raconter en période d'examen. J'ai quand même dû m'abstraire de mon absence de révision ce weekend pour faire honneur a nos camarades santa-barbaristes qui sont venus nous rendre visite. Ca m'a donné l'occasion de revisiter Vancouver en mangeant libanais. En bref. N'ayant pas pu essayer la machine de jeu vidéo de chasse dans la jungle qui se trouvait dans le bar samedi soir, je ne vois pas ce que je pourrais en raconter d'intéressant. 
Tous les bars et les boites ont ici des écrans sur lesquels ils passent des films (cette fois, "tous" s'appuie sur un échantillon assez significatif). C'est très rigolo. Du coup de gros aguicheurs mal coiffés se remuent les noix avec vergogne juste sous une scène surannée de Retour vers le futur par exemple. 

 Je devrais en revanche sous peu publier ici mon testament, dans la perspective de mon départ au Pérou. Ca devrait être bien plus intéressant que des considérations niaiseuses sur le modèle américain. 


Je vous laisse sur une dernière touche de poésie : 

http://www.sharknews.fr/medias/unusual/2688-les-ados-americains-se-saoulent-avec-des-tampons-dans-lanus








5 déc. 2011

Imaginez une seconde que le verbe déflater soit pronominal

Je me déflate
Tu te déflates
Il se déflate
Nous nous déflatons
Vous vous déflatez
Ils se déflatent

Ca impliquerait qui plus est que n'importe qui serait apte à se déflater à sa guise. Au delà des conséquences pour la conjugaison du verbe elle même, je vous laisse donc un peu entrevoir le drame social qui résulterait de pareil changement.

27 nov. 2011

Redressement


La parflure n’était pas quinquette mais le rififi se goinffrait des crognoules. Certains bourmifflaient en quinquonce quand d’autres cramagnoules d’amenuisette vivipostulaient en croutant. Jamais pareille faladelle n’avait osé contrejouiver ainsi. Derrière les jaffregnoles, marvelures et poulaquines flavaudaient leurs coulomières, et chacun se duivait les foulquins pour s’acoquiner aux tremplettes. Seules quelques pastenouelles qui décroutaient le cachoulet rappelaient aux glonvanches le prix des mascassiers. 

Ce procédé ingénieux m’a permis, en démontrant combien la langue francaise pourrait être dégoutante et sa lecture un supplice, de m’assurer que vous appréciez par contraste d’autant plus la suite de l’article. 
Néanmoins, comme vous m’ennuyez et que cet article est essentiellement  destiné à contrecarrer la gaussianité de cette courbe de fréquentation, 


je vais m’en tenir à du commentaire de photo destiné a faire la promotion de la Colombie britannique.

Vous croyez sans doute connement que cette tour se contente d'être la plus haute tour de Vancouver. C'est hélas complètement faux, puisque tout son intérêt réside dans l'un de ses résidents. Le dernier étage abrite en effet les appartements privés d'un acteur triplement décoré à Cannes pour "un jeu complexe, une polyvalence inégalée, et une profondeur insaisissable", j'ai nommé Jackie Chan.



Je ne crois pas avoir montré la plage qui borde le campus. La voilà. Derrière le mur d'arbre il y'a l'université de British Columbia, qui est "un endroit d'esprit". Comme le prouve ce clip de l'université : 




Et ouais, ils peuvent défendre les droits de l'homme. Parce que eux c'est le genre d'université qu'a pas peur de se mouiller et de prendre des positions à contre-courant. 



Ca c'est un aperçu de la vue qu'on a sur la route de Whistler (La station de ski, pour les hérétiques qui n'ont pas lu le précédent article). L'eau  qu'on voit est le bras de mer qui fait honneur à vancouver, et non pas le bras d'honneur que vancouver fait à sa mère, comme trop de gens le croient souvent.  


La chambre Hilton-like à laquelle nous avions accès ce weekend avec le voyage du ski and board club. (Eh puisque je parle de Hilton je pourrais peut etre glisser une blague sur DSK non ? allez comme ca je pourrais me distinguer un peu de l'humour mainstream de ces temps-ci.) MAis je n'ai pas rencontré la FEMME DE CHAMBRE !!!!!!!!!!!!!!!!  Hahaha,  ce que je rigole !
Vous apercevrez, si vous prêtez un peu attention à la fenêtre, le reflet de la lampe dans le rectangle du milieu.



Je reviens rapidement sur cette histoire d'aquarium de Vancouver pour vous présenter la "grenouille tomate", dont le nom explicite suffisamment l'intérêt. 



Le Saumon sauvage disparait dans l'indifférence générale. J'ai eu beau éplucher le programme de Marine le Pen, je n'ai trouvé aucune référence au problème. Il serait peut-être temps de réagir. 


Je n'ai pas encore eu l'occasion de vous présenter les "cygnes à eau" comme on les appelle ici. A mi chemin entre le cygne et le tuyau d'arrosage, ces bestioles expirent de l'eau par le sommet du crâne, à la manière d'un rorqual



Voilà, cette opération de communication est terminée. Vous aurez noté l'introduction d'un nouveau procédé révolutionnaire de lien hypertexte associé à certains mots, remarquablement plagié par mes soins sur d'autres blogueurs expatriés.

Vous pouvez aller sur Picasa pour voir que je n'y ai pas ajouté de photo depuis la dernière fois. 



21 nov. 2011

Sur la pente (blanche) descendante


Vous êtes nombreux a m’avoir interrogé dernièrement sur les embouteillages. J’aimerais donc commencer par une petite mise au point.
 Une récente étude scientifique montre qu’aucune file de voiture n’avance plus vite que l’autre. Simplement, lorsqu’on est dans la file qui dépasse, l’autre file est a l'arrêt, donc les voitures sont collées donc on prend peu de temps à en doubler 3. En revanche quand vous êtes dans la file a l’arrêt, les voitures de la file qui avance sont séparées par une certaine distance, de sorte que trois voitures mettent plus de temps à vous doubler que vous n’en mettez à les doubler. En résulte une distorsion de perception. J’espère désormais que nous pouvons repartir sur des bases saines. 

  A propos de transports, 46% des usagers du bus de Vancouver disent toujours merci au chauffeur. Seuls 3% ne le disent jamais. D’après un sondage Translink. Des chiffres qui sont alarmants quand on les compare à ceux de la télévision : sur une demi-heure de télévision américaine, le ratio légal est de 22 minutes de programme pour 8 minutes de publicité.Et ainsi de suite. Le déséquilibre bus/télé est donc plutôt flagrant. 

Les hasards de la vie sont vraiment parfois sans intérêt. Mercredi j’investis dans des skis top mamouth pour la saison, et bien vendredi il neige sur le campus. Or sur ce même campus, il y a deux semaines, se tournait le film “The Company you keep”, réalisé par Robert Redford et joué par Shia LaBeouf. Justin m’a ainsi expliqué calmement avoir pris un café en face du réalisateur au Tim Hortons du campus. Hélas Justin ne savait pas qui était Robert Redford. Ca ne lui a donc rien fait du tout. Alors que moi qui ai vu 1 film avec Redford dans ma vie et qui le confondait encore avec Roger Moore il y a trois ans, ca m’aurait surement retourné. Quant à Shia, il s’est fait remarqué en tabassant un gars à la sortie d’une boite de Vancouver. “Tu me fais Shia”, lui aurait apparemment lancé la victime pour mériter ce triste sort. 
Car je ne sais plus si je suis passé par là ou pas, mais cette ville est une grande ville cinéma. Tout plein de choses s’y tournent, à commencer par Twilight pa exemple. Et tout le monde vit avec. Ma prof d’histoire s’était ainsi l’autre jour déguisée en vampire et n’acceptait dans la classe que les élèves en uniforme de Loup-Garou. C’est folklo mais sympathique. Et faux. Et bref, UBC est lui même un campus prisé pour les scènes universitaires dans les films. 
C’est aussi un campus prisé pour tous les événements majestueux en général, puisqu’aux dernières nouvelles le campus accueillera en février la rencontre Coupe Davis France/Canada. En l’absence de terrain de tennis avec tribune, les matchs se dérouleront en revanche sur les terrains de hockey du campus. Les règles seront les mêmes, seule la balle sera remplacée par un palet en fonte de 900g. Affaire à suivre. 

L’autre jour que nous sortions d’un club vancouverite vers 4h, chose exceptionnelle ici où presque tous les bars/boites ont fermé leurs herses à 2H12, nous assistîmes à un accident sanglant. Une crétine de BMW a embouti un camion, son toit et sa carrosserie s’effondrant littéralement sur ses passagers , et la voiture atterrissant à quelques mètres du trottoir de la boite. 6 camions de pompiers et 12 voitures de police étaient sur les lieux 3 minutes plus tard, et attaquaient à la scie circulaire la carrosserie pour sortir sur des brancards les corps inertes. Les clients de la boite, dont une douzaine d’entre nous, assistaient médusés à la scène, avec l’ambivalence (comment ca hypocrisie ?) habituelle du spectateur passionné qui assure néanmoins être profondément dégouté. Mon coloc Alex se sentit même obligé de s’inventer une compétence en médecine pour rassurer nos amies terrassées qui admiraient le spectacle tout en répétant que vraiment leur premier soucis était de débarrasser le plancher. Tout ca avait tant de charme mélodramatique et d’intérêt sociologique. Le lendemain seule une brève sur internet nous apprenait que ces gens étaient tous hors d’état de mort. Ceci n’était donc pas un événement. 

Un évenement digne de ce nom fut en revanche l’arrivée d’une Wii dans mon salon. Il n’aurait manqué qu’un opéra de Strauss et un ou deux costumes de singes pour que l’on puisse comparer cela à l’arrivée du pavé noir de 2001 chez les primates. Soudainement l’idée d’utiliser la télévision pour un autre usage semblait futile, et la pensée de se trouver dans le salon avec un autre colocataire sans allumer la console relevait de l’absurde. Chaque victoire était suivie du placardage de tracts vengeurs sur les portes des uns et des autres, et les plus grands vainqueurs étaient ceux qui, au milieu de la nuit, se levaient pour s’entrainer en douce aux plus beaux combos de Super SMash Bros Brawl. 
Oui ca c’est le nom du jeu. C’est violent, écclectique, anarchique, et réunit tout le génie que Nintendo a oublié de mettre dans les autres jeux qu’il produit. Pikachu peut y affronter Mario autant que Donkey Kong peut s’y frotter à Zelda. Tout est là. 


Et aussi, finalement j'ai fini par aller skier hier. 

Ca c'est sur la route. Comme faut se lever à 6h, on profite d'un lever d'étoile sur les rocheuses assez convaincant. Y'a la mer aussi là, derrière les maisons, mais on voit pas. Il y a aussi des fils électriques dans le coin haut gauche. 



Ca c'est une photo prise par mon iphone (mon appareil photo ne marche plus) dans ma poche. Vous noterez le camaïeu de noirs, avec cette tache au centre qui évoque volontairement une aurore boréale pour signifier le coté polaire de l'expédition. 




Ca c'est qu'est ce qu'on voit depuis Whistler (la station olympique ou je skie) mais là on voit rien. Mais en vrai c'est beau. Et puis comme qu'il fait plus froid qu'à Chamonix, les arbres gardent la neige sur eux, créant de loin un effet poivre et sel plus travaillé encore que celui des cheveux de mon papa. 



Ca c'est le Burger King de la ville de Squamish, qui ne vend comme vous le voyez que de la viande de loup. Le gout est assez fuissé et me rappelle un peu les Pouilly des années 80, en plus coquin. 

Dans ma station olympique, on nous a offert un chocolat chaud gratuit pour prendre le télésiège. C'est bien parce que ma station elle est olympique. C'est pas à Albertville qu'on verrait ca. Enfin bon. 

Andrew, un canadien avec qui on skiait, avait  comme tout canadien qui se vaut  fixé sur son casque une caméra embarquée 1080p. Il n'est pas impossible qu'il ait capturé la séquence ou je fais la plus grosse chute de ski de toute ma carrière. Par soucis de teasing, d'auto-dérision, et d'anticipation des moqueries par une posture d'assumage, il se pourrait qu'elle apparaisse sur ce blog. 

Allez au diable 



31 oct. 2011

Axe et bretelles (1/2)


     Je sais que le dernier article date d’il y a à peine 3 jours, mais par moment mon clavier me fait les touches douces et je ne peux plus rien lui refuser.  
Cet article devrait contenir les termes : avortement,  Beluga, Mozart, 99%, clown, trainée, axoloto, honte, peine de mort, connard (ou guitare), marsouin, Ayatollah, et femtomètre. 

En rentrant de l’aquarium de Vancouver, qui n’a pas dérobé son titre de «plus grand aquarium d’Amérique du Nord», nous avions vu beaucoup de poissons. Et beaucoup, C’est assez. Comme les baleines. C’est assez. Baleine. Baleine = cétacé. C’est un jeu de mot. Une astuce. 
Je me le permet parce qu’il y’avait aussi des cétacés. Des perroquets par exemple. Mais en plus cétacé que le perroquet, il y’avait des dauphins. Et surtout, des «baleines belugas», ou «Belugas», ou bien «marsouin blanc». Par soucis de bienséance, cette dernière appellation sera néanmoins désormais éludée. Le principal attrait de l’animal est qu’il est vraiment blanc, peut être même plus que les vêtements lavés avec la lessive Mir (vous savez, c’est un clin d’oeil au sketch de l’humoriste francais Coluche sur la lessive, qui est mort dans un accident de motocyclette). Pour le reste il est surtout rigolo de diformité, et aussi accrobatique qu’une retournée de Laurence Boccolini. Il est néanmoins beaucoup plus volumineux que cette dernière. 
Lors du «show beluga», nous avons vu un clown procéder à l’avortement en direct d’un Beluga devant un public à 99% composé de connards (ou guitare) d'Ayatollahs qui accusèrent le cétacé mort de honte d’être une «trainée» , criant qu’elle méritait la «peine de mort», et réclamant à la place un show d’Axolotos sur fond de Mozart. L’opération fut finalement un succès, mais ca s’est joué à quelques femtomètres. 

Pardon. j’ai craqué. Avec la pression de tout caser en un article j’ai voulu trop bien faire et j’ai été trop loin. Je vais me rattraper (suivez le gras). 
Devant toutes ces merveilles aquatiques, un de mes compagnons me glissa ironiquement «tu vois, tout ces organismes ne peuvent quand même pas être le fruit du hasard». Une vision probablement partagée par Justin Roomate qui m’offrit le lendemain un nouveau panorama sur ses opinions, en me priant de ne pas le prendre pour un «vieux conservateur». Son soutien à la peine de mort, il le dilue dans des considérations humanistes. Qu’il n’estime pas contradictoires avec son idée que «l’Etat n’a pas le droit de taxer les riches pour aider les pauvres». Et sinon il explique son opposition à l’avortement par la lettre biblique. Ca lui donne au moins sur beaucoup de chrétiens l’avantage de la cohérence.
         L’avortement est, vous vous en doutez, un sujet moins consensuel de ce coté de l’océan. Ce qui explique pourquoi le débat d’une heure dans ma classe d’espagnol portait lui aussi sur «l’avortement». La brillante Elena a pour changer rappelé que «en tuant un foetus on tue peut être un futur Mozart», et n’a pas du tout apprécié que j’avance qu’il n’y avait pas plus d’humanité dans le foetus d’un labrador que dans celui d’un homme.
J’ai rencontré cette même Elena dans le bus en rentrant de ma deuxième soirée d’Halloween. Comme toutes les femmes pour cette occasion, elle était vêtue, ou plûtot dévetue, de manière «slutty». Autant dire que le déguisement importe moins pour elles que le fait d’apparaître comme une trainée de la pire espèce. La proportion d’entre elles déguisée en chat est donc dramatiquement ridicule. Ce qui est d’ailleurs amusant dans la mesure où à part peut-être l’Ayatollah Khomeini, pas grand monde n’a jamais rêvé de tringler un chat. 
Quoi qu’il en soit, mon accoutrement de Clown triste de rue à bretelles a paru dans tout cela extrêmement original, au point que la 17ème personne à emprunter mon nez rouge pendant la soirée l’a finalement perdu. Tendre et généreux, j’ai refusé qu’elle me le rachète. 
J’étais en cela en communion avec ces activistes déchainés qui, vous savez, lancent un mouvement d’immobilité sur la place centrale de grandes villes. Nous avons été rendre visite à ceux de Seattle et à ceux de Vancouver. Il manque à peu près tout à ce «Occupy» movement : un leader, des orateurs, du talent, des propositions, des membres, de la reconnaissance, des tentes, et un mégaphone. Leur cas est néanmoins digne d’intérêt. La scène la plus révélatrice que j’ai notée est cette femme d’apparence bourgeoise demandant l’air détaché à un policier «contre quoi manifestent-ils ?» et ce policier lui répondant «Stock exchange, things like this», avant qu’elle ne traverse la rue en le remerciant. Les gens ne comprennent visiblement rien au mouvement, qui lui même doit être le seul à se comprende aussi mal que lui. 
Des passants, curieux de ces 0,00000001% qui martèlent qu’ils sont les 99%, n’ont rien de mieux à offrir à ces derniers qu’un regard lointain en attendant que le feu piéton passe au vert. Quelques autres s’arrêtent trois minutes pour écouter un discours piètrement improvisé ou faire semblant de s’intéresser aux insurgés en parlant un peu avec eux en aquiescant régulièrement. Ils s’en vont ensuite la conscience tranquille, ravis de pouvoir revendiquer plus tard avoir été voir le problème sur le terrain, et lancent à leurs amis une sentence insipide, inutile, et évidente du genre «De toute facon ils n’arriveront à rien sans un leader» ou «Ce qui est dommage c’est qu’ils ont beaucoup à critiquer mais qu’ils proposent rien de concret».
Ce paragraphe ne fera pas l’objet d’une conclusion. 
Ma salle de séjour est habitée à titre permanent par un djumbé et une guitare. Mes connards de colocataires croient tous savoir plus ou moins jouer de l’un ou l’autre, et se prennent donc régulièrement à en jouer avec un résultat du même niveau que si André Rieux se mettait au Hockey sur Glace. Les bons jours, Kacper en profite même pour chanter avec une voix d’otarie. Je me suis en effet rendu compte à l’aquarium qu’elles ont des voix déplorables. Ce juste avant d’arriver au bassin des «Axolotls», les créatures marines les plus mignonnes jamais inventées, qui sont surtout dignes d’intérêt parce qu’elles ont inspirées le design du fameux pokémon Axoloto, jouable dès les premiers femtomètres de la version Or. (qui parle de casage de dernier moment tiré par les cheveux ?)
Il s’appelle 1/2 l’article parce que je l’arrête parce qu’il est long. Mais j’ai aucune idée si qu’est ce que j’ai dis c’est tout qu’est ce que j’avais à dire ou pas. Allez donc paitre ailleurs. 



Voici l'axolotl de la version "Aquarium". 


Et voici l'Axoloto de la version Or. Plus sympathique peut-être, mais tout de même moins authentique. 

Notez que les axolotls de l'aquarium de Vancouver sont également en photo en bas de la page wikipédia "axolotl" ( http://en.wikipedia.org/wiki/Axolotl ). Pour vous dire comme mon aquarium qu'il est connu. 
Pour une ou deux images de mes bélugas et des insurgés, allez donc sur Picasa.